La mémoire figée du goulag

Goulag la memoire enfermée -la vie protestante

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Un prêtre a recueilli de bouleversants témoignages de femmes ayant survécu aux camps de travaux forcés de Staline.
A Magadan, ville du bout du monde aux confins de la Sibérie, les derniers survivants du goulag stalinien vivent encore à deux pas des anciens camps, où des centaines de milliers de leurs semblables sont morts de faim, de froid, d’épuisement. Libérés après la mort de Staline, ces rescapés sont restés sur place, car ils n’avaient nulle part où aller. Nulle vie à recommencer. Anna, Olga et Bronislava sont trop âgées pour avoir peur du passé. Elles racontent, enfin, l’absurdité et la violence des arrestations, les tortures, les travaux forcés, l’arbitraire des gardiens, la barbarie d’un système, qui a broyé tant de leurs compagnons d’infortune.
Le Père Michael, originaire d’Alaska, est venu en voisin recueillir leur parole et prier avec elles. Ces femmes veulent que leurs petits-enfants, et les nôtres, sachent ce que fut la folie de leur existence. Pour que l’histoire ne se répète pas, et que personne ne puisse les assassiner une seconde fois en les effaçant de nos mémoires. «Dans un tombeau anonyme, nous avons fini le cours de notre existence. Qui a la force de nous oublier, si c’est un homme?» La question, inscrite sur une stèle du cimetière anonyme d’un ancien camp du goulag de la Kolyma, interroge l’humanité entière. Qui a la force d’oublier les vingt millions de victimes des goulags staliniens? D’oublier la Kolyma, le pays de la «mort blanche»? Là-bas, ce n’est pas le gaz ni le four crématoire qui tuait mais l’hiver éternel, le gel, le froid.(com)
Goulag, la mémoire enfermée, un film de Stephane Fernandez.

 

 

 

Article paru dans :


16/04/2012