VIVRE EN DECALE

DIFFUSION : FRANCE 5

Pour en savoir plus :
Ministère de l'emploi, de la cohésion sociale et du logement

 

AUTEURS : DOMINIQUE LOUISE PELEGRIN, JEAN-MICHEL RODRIGO
REALISATION : JEAN-MICHEL RODRIGO
IMAGE : MARINA PAUGAM
SON : MAURICE ROUBAS
MONTAGE : ANITA PEREZ
MIXAGE : YANNICK DUMARTINEIX
PRODUCTION : EVELYNE JULY

COPRODUCTION : MECANOS PRODUCTIONS, FRANCE 5
AVEC LE SOUTIEN DU CNC, DE LA PROCIREP, DU MINISTERE DES AFFAIRES SOCIALES, DU TRAVAIL ET DE LA SOLIDARITE

DUREE : 52 MINUTES
ANNEE DE PRODUCTION : 2002

GENRE : SOCIETE

DOCUMENTAIRE SELECTIONNE AU FESTIVAL DU CREUSOT

Comment faire un enfant quand on ne fait que se croiser ? La question peut faire sourire. On comprend, et pourtant, elle se pose de plus en plus souvent pour des couples jeunes qui ne rechignent pas à courir après les transports, les horaires, les boulots multiples.

Comment se marier lorsque l'on ne sait pas si l'on pourra être ensemble sous le même toit, dans la même ville? Le même jour, la même nuit, la même vie…Comment acheter un appartement, rêver d'une maison, avoir un jardin, lorsque l'on jongle avec les boulots, les patrons, les statuts, les feuilles de paie, les tracasseries administratives ? Comment gérer sa carrière, ses amours, ses amitiés, ses à-côtés aussi, lorsque le temps s'emballe ? Que faire avec des horaires éclatés, fragmentés, morcelés ? Oui, que faire de ses sentiments, de ses aspirations, de l'argent gagné ?

Nul besoin d'être syndicaliste chevronné pour se poser toutes ces questions, il suffit d'être un couple de moins de trente ans, d'avoir un, deux, trois emplois. Fixes ou occasionnels. Et d'avoir envie que ça dure. Le boulot bien sûr, pas le tourbillon. On n'a pas éternellement trente ans…

A cet âge-là, on commence à avoir envie d'atterrir, de souffler, de se poser. Et c'est aujourd'hui terriblement compliqué. Non, que personne ne s'inquiète, on ne se plaint pas, on se pose juste des questions. Pour soi, pour les autres, pour la société. En toute simplicité… et en décalé. Forcément… Aucun n'avait envie de s'exiler et chacun a accepté de se frotter aux règles des anciens métiers nouvelles façons.

Leur plus grande chance, c'est que la région de Chôlet, ses leaders d'opinion, ses entreprises, aient parié sur la petite industrie pour surmonter la crise du monde rural… Et qu'ensemble ils aient gagné.. Ils ont par contre tout de suite compris que cette chance inouïe avait un prix. Qu'ils allaient devoir jongler avec les heures, les semaines, les saisons, accepter de travailler dur pour des feuilles de paie plutôt légères. La flexibilité, la précarité, l'intérim ? Ce n'est pour eux ni bien, ni mal, c'est comme ça. A prendre ou à laisser. Et quand on prend, il est malvenu de se plaindre. Simple question d'éducation et de tradition. La contestation, les revendications, le syndicat ?

Dépassés. L'usine nouvelle a besoin de salariés autonomes et débrouillards. Chaque jour, chaque nuit, chaque week-end, nos protagonistes se battent dans leur coin pour fournir les preuves qu'ils sont bien dans le vent. Même s'il faut parfois serrer les dents.

Eclairage supplémentaire, et bien indispensable, celui du fondateur de l'association régionale des Inspecteurs du travail.