MIGHELE RAFFAELLI, LE JOLI TEMPS DE L’ENGAGEMENT

 

UN FILM ECRIT PAR MARIE-JOSEPH ARRIGHI-LANDINI ET CHARLES DUBOIS
REALISATEUR : CHARLES DUBOIS

UNE COPRODUCTION MECANOS PRODUCTIONS ET  INTERVISTA PRODUCTIONS

 

DUREE : 52 MINUTES

En 2013, 84 ans après la naissance de Mighele Raffaelli, le nom de cet artiste polyvalent, à la carrière brillante, ne parle plus à tout le monde.

Je connais Mighele depuis 1988. Il avait monté une pièce en Corse, et sa troupe la jouait à Paris, au théâtre du Lierre. Elle s’appelait « Fluctuat ou La ballade clandestine ».
Fluctuat n’avait pu être jouée en Corse, mais trouvait toute sa légitimité dans une capitale dont la devise est Fluctuat nec mergitur.

MIGHELE RAFFAELLI, LE JOLI TEMPS DE L’ENGAGEMENT - Mecanos productions

Au cœur de la pièce, un vocero (lamentation funéraire corse) était interprété et, à cette époque, je faisais un DEA sur le rite funéraire corse…

Je contactais Mighele, que je ne connaissais pas, et, immédiatement, il m’a donné tout ce qu’il pouvait.
 Mighele Raffaelli fait confiance aux jeunes. Il fait partie de ceux qui n’oublient pas qu’un jour, on lui a aussi fait confiance. Et si son travail et son intelligence plastique et musicale lui ont ensuite ouvert des voies royales, il n’abandonne jamais son immense humanité.
Contre toute attente, peu ou pas de documentaire lui ont été accordé.

Lui qui avait été repéré par Picasso pour sa peinture.
Lui qui a remplacé Chagall pour sa première grande scénographie allemande.
Lui qui a travaillé à l’Opéra de Berlin plusieurs années et avec les plus grands.
Lui qui a compris la modernité de Brecht avant les autres.
Lui qui a travaillé avec Jean-Marie Serreau, Jean Vilar, Antoine Vitez, Guy Rétoré.
Lui qui reçoit la médaille d’or du Prix International de Scénographie en 1971, à Prague.
Lui qui a créé la scénographie du Théâtre National de Chaillot (1975), du Théâtre D’Ivry (1979, 1980), du C.A.C de Saint Avold (1981), du TEP Théâtre de L’Est Parisien (1983) ou du Théâtre de la Colline en 1988.
Lui qui a côtoyé Prévert ou Neruda.
Lui, à qui une grande exposition a été consacrée au Palais Fesch, musée des Beaux-Arts d’Ajaccio.
Lui qui a écrit et monté des pièces de théâtre, créé des groupes de chanteurs, réalisé des albums musicaux…
Lui qui n’a jamais cessé de peindre.

Il fallait donc enfin, rendre un véritable hommage à ce géant de la scénographie, de la musique, du dessin et de la peinture.

C’est sa carrière internationale de scénographe que nous avons privilégiée.

D’abord parce qu’elle inclut sa pratique plastique et musicale, ensuite parce que c’est par elle que j’ai rencontré Mighele Raffaelli. Grâce à elle que j’ai découvert les multiples facettes de son talent ou plutôt de ses talents. C’est par elle que sa personnalité lumineuse profondément humaine, m’est apparue.

Marie-Joseph ARRIGHI-LANDINI
Auteur